Vous êtes un patient - Pourquoi l’os humain ?
Certaines interventions sur les membres et les articulations nécessitent l’utilisation de greffes osseuses.
En effet, si l’os humain est capable de se reconstituer de lui-même, il ne peut produire que de faibles quantités. Par exemple, dans le cas d’une tumeur osseuse qu’il faut enlever, créant de fait un vide, la production naturelle de cellules osseuses du patient sera insuffisante pour combler d’elle-même cette perte. La reconstitution naturelle d’os ne s’avère donc possible que sur de petits volumes.
C’est pourquoi il est nécessaire d’apporter de la matière extérieure pour, d’une part, combler le vide créé et, d’autre part, permettre ainsi aux cellules productrices d’os du patient de se réapproprier le volume perdu (réhabitation). Il faut donc d’abord combler puis faciliter le retour des cellules osseuses sur la partie atteinte.
De nombreux matériaux de substitution ont été utilisés pour réaliser ces greffes (céramique, corail, os bovin). Les résultats obtenus ne sont pas totalement convaincants (la réhabitation n’est pas aussi bonne qu’espéré) car ces matériaux, s’ils ont la même base que l’os humain (phosphocalcique), n’en ont pas pour autant l’ensemble des éléments qui le composent. L’os bovin, s’il se rapproche beaucoup de l’os humain, comporte des risques de transmission infectieuse (maladie de la vache folle).
L’os d’un être humain possède l’avantage évident d’avoir les mêmes caractéristiques que celui d’un autre être humain. Il conserve également la même trame collagénique (protéine de l’os facilitant la réhabitation en agissant comme une sorte de tapis roulant), ce que ne peuvent faire les substituts ou ce que ne peut faire aussi bien l’os d’origine animale.
L’idéal est le prélèvement d’os sur le patient lui-même (par exemple au niveau de la crête iliaque, située sur la hanche) pour le lui réimplanter (autogreffe) mais le volume utilisable est limité et cela crée un traumatisme au niveau du site de prélèvement.
En cas de besoin en greffe volumineuse, l’apport d’os humain d’une personne vers une autre personne (allogreffe) représente donc actuellement la meilleure solution.
Cependant, il subsiste le risque de transmission d’un agent infectieux lors de la greffe (hépatite, sida...).
C’est pourquoi l’utilisation de ces greffes ne peut donc se concevoir qu’au travers d’une banque de tissus répondant à tous les critères de sécurisation des greffons. Ces derniers sont établis par l’Établissement français des greffes (EFG).